Les espaces de l’enfermement (2014-2018)

Production du webdocumentaire Le cloître et la prison. Les espaces de l’enfermement

en cours. Parution prévue en janvier 2018.

Séminaire de travail Etudier, voir et faire voir les espaces de l’enfermement

du 16 janvier au 3 juillet 2015

Prolongeant les réflexions entreprises lors de l’atelier exploratoire de juin 2014, le séminaire a permis d’avancer dans la conception du webdocumentaire consacré à l’histoire des espaces de l’enfermement depuis le Moyen Âge, en partant de l’exemple de l’abbaye de Clairvaux, pour étudier les espaces et plus exactement les pratiques spatialisantes des acteurs sociaux à l’œuvre dans les lieux clos.

Le séminaire a réuni les membres du programme de recherche « Enfermements » et des spécialistes d’autres domaines avec des experts issus du monde des nouvelles technologies. Voir le programme

Atelier exploratoire

16 et 17 juin 2014 à Clairvaux

Avec ce thème, il s’agit de reprendre une idée présente depuis longtemps dans les travaux d’historiens, de philosophes ou de sociologues de l’enfermement (Michel Foucault et Erving Goffman notamment, mais également, en Allemagne, Hubert Treiber et Heinz Steinert), à savoir celle du cloître comme archétype puissant de l’enfermement, et de la mettre à l’épreuve des sources, en recourant aux nouvelles technologies et donc en proposant un format innovant, une exposition virtuelle ou un webdocumentaire.

Le grand cloître de l’abbaye de Clairvaux, devenue prison

L’idée est de partir du cas exemplaire du site de Clairvaux, abbaye cistercienne du XIIe siècle devenue, à partir de l’époque napoléonienne, prison, et de l’inscrire dans le contexte plus large, européen voire transatlantique, de l’évolution des espaces des milieux clos, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours. Dans cette perspective seront non seulement analysés les différents modèles spatiaux mobilisés dans les différents milieux clos à travers différentes époques, mais également les transformations qui ont pu s’opérer à travers des utilisations diverses de ces mêmes lieux, par exemple les très fréquentes transformations d’institutions monastiques en établissements pénitentiaires – transformations pour lesquelles l’enceinte de Clairvaux livre l’un des meilleurs exemples –, mais aussi en hôpitaux, cliniques psychiatriques ou camps. De même, il conviendra d’étudier les pratiques spatiales et spatialisantes des différents acteurs sociaux qui animent ces lieux, ainsi que les opérations de dénomination et de qualification de ces divers lieux. Enfin, une réflexion à plusieurs échelles doit être mise en œuvre : ce n’est pas seulement l’agencement intérieur des lieux clos qui nous retiendra, mais aussi leur localisation dans l’espace, l’agencement relatif des lieux clos entre eux : comment sont-ils situés en ville et les uns par rapport aux autres ? comment sont- ils répartis dans un territoire ?

Cette étape a été depuis le début envisagée comme devant revêtir une forme singulière, puisque l’historien ne saurait appréhender des espaces seul et avec les seules sources écrites. Archéologues, géographes et historiens de l’architecture, d’une part, et conservateurs d’archives et du patrimoine, d’autre part, les uns et les autres avec leurs méthodes respectives et leurs matériaux spécifiques, doivent être sollicités, notamment dans la perspective d’une mise en image de la réflexion. C’est pourquoi est née l’idée d’une exposition – ou d’un webdocumentaire – qui ordonnerait des représentations diverses (dessins, gravures, peintures, photographies, plans, maquettes, mais aussi artefacts comme des cellules telles que celles conservées dans le Grand cloître de Clairvaux, bâtiment initialement construit pour héberger des moines et transformé, après 1805, en prison), ou des espaces d’emprisonnement spécifiques (appelées communément « cages à poules », en application de la loi de 1875) afin d’étudier les espaces et plus exactement les pratiques spatialisantes des acteurs sociaux à l’œuvre dans les lieux clos.

Stitched Panorama

Les « cages à poules » de Clairvaux. Photo : Jean-Marc CAMBUZAT

L’organisation d’un atelier exploratoire vise à analyser et étudier, dans le cadre d’un échange entre scientifiques spécialistes du sujet et experts externes, les différentes possibilités d’organisation d’une exposition virtuelle ou d’un webdocumentaire. Voir le programme